Suite à la décision judiciaire relative au massacre des Tirailleurs africains de Thiaroye du 27 mars 2026, Karfa Sira Diallo a rencontré l’avocat François Pinatel.
COMMUNIQUÉ DU RÉSEAU MÉMOIRES & PARTAGES
CETTE CONDAMNATION MARQUE UN TOURNANT DANS L’EXIGENCE DE JUSTICE POUR LES TIRAILLEURS MASSACRÉS A THIAROYE
La décision rendue le 27 mars 2026 par le tribunal administratif de Paris constitue une avancée majeure dans la reconnaissance des responsabilités de l’État français concernant le massacre de Thiaroye survenu le 1er décembre 1944.
En condamnant l’État pour avoir dissimulé les circonstances de la mort d’un tirailleur africain, la juridiction souligne que les autorités françaises ont « délivré plusieurs informations erronées » à la famille du soldat dans les années ayant suivi son décès et n’ont pas « mis en œuvre tous les moyens (…) à leur disposition pour faire la lumière sur les circonstances précises de sa mort ». Le tribunal administratif de Paris explique ne pas pouvoir condamner la France au titre du décès lui-même, en raison de la prescription des faits. La justice « ne pouvait dès lors réparer que le préjudice moral lié à cette absence de recherche des circonstances précises du décès » de ce soldat et a en conséquence accordé 10 000 euros au fils de ce combattant.
Cette décision confirme ce que les historiens, les familles et les acteurs de la mémoire dénoncent depuis des décennies : une vérité entravée, une mémoire occultée.
Pour Karfa Diallo, fils de tirailleur et directeur de l’association Mémoires et Partages, « cette condamnation marque un tournant. Elle valide le combat des familles et des citoyens engagés pour la reconnaissance des faits, et rappelle que le silence et les falsifications d’hier ne peuvent plus perdurer aujourd’hui ».
À l’occasion du 80e anniversaire du massacre de Thiaroye, l’association Mémoires et Partages a organisé une série d’initiatives mémorielles d’envergure, mobilisant chercheurs, citoyens, descendants de tirailleurs et responsables politiques. Dans ce cadre, elle a également coordonné une mobilisation inédite de nombreux députés français en faveur de la création d’une commission d’enquête parlementaire.
Cette démarche vise à établir toute la vérité sur les événements de Thiaroye, à lever les zones d’ombre persistantes et à permettre un travail de justice et de réparation à la hauteur de ce drame historique.
Aujourd’hui, la décision de justice conforte la nécessité de cette commission d’enquête. Elle engage les pouvoirs publics à aller au bout du processus de transparence et de reconnaissance.
L’association Mémoires et Partages appelle solennellement les autorités françaises à :
- ouvrir pleinement les archives encore inaccessibles ;
- soutenir la mise en place rapide d’une commission d’enquête parlementaire ;
- reconnaître officiellement les responsabilités de l’État dans les faits survenus à Thiaroye
- Organiser un procès en révision pour les tirailleurs qui ont été injustement condamnés à la suite du massacre
- engager un dialogue sincère avec les familles des victimes.
Plus de 80 ans après les faits, la dignité des tirailleurs africains et la mémoire de leur engagement pour la France exigent vérité, justice et reconnaissance.
Bordeaux, 31 mars 2026


