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CODE NOIR : IL AURA FALLU 178 ANS POUR ABROGER UN TEXTE DE LA BARBARIE ESCLAVAGISTE. COMBIEN DE TEMPS FAUDRA-T-IL ENCORE POUR RÉPARER ?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE — 20 octobre 2026

Près de deux siècles après l’abolition de l’esclavage, Sénat français vient de voter à l’unanimité l’abrogation formelle du Code noir. Ce texte qui, depuis 1685, avait organisé la déshumanisation, la marchandisation et l’asservissement de millions d’êtres humains.

Nous saluons cette initiative parlementaire. Mais comment ne pas s’étonner qu’il ait fallu attendre 2026 pour effacer officiellement de notre arsenal législatif un monument juridique de la barbarie coloniale ?

178 ans après 1848. Vingt-cinq ans après la loi Taubira de 2001 reconnaissant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.

Cette abrogation est nécessaire. Elle est aussi terriblement tardive. Et surtout, elle ne saurait suffire.

Car abroger le Code noir ne signifie pas abolir ses héritages.

Les fortunes constituées, les inégalités transmises, les mémoires humiliées, les discriminations persistantes et les silences institutionnels ne disparaîtront pas par un simple vote parlementaire.

Depuis près de trois décennies, Mémoires & Partages défend une conviction : la reconnaissance historique n’a de sens que si elle ouvre un chemin vers la justice.

Nous appelons donc les pouvoirs publics à franchir une nouvelle étape : celle d’une véritable politique de réparations, fondée sur la vérité historique, l’éducation, la transmission, la restitution des patrimoines et la justice mémorielle.

Il ne s’agit ni de culpabiliser les générations présentes ni de leur faire porter les fautes de leurs ancêtres. Il s’agit de faire assumer à notre République les responsabilités historiques de ses institutions et les conséquences durables de l’esclavage colonial.

La France a aboli l’esclavage en 1848. Elle a reconnu le crime en 2001. Elle s’apprête à abroger son instrument juridique en 2026.

Il est désormais temps de passer de la mémoire à la réparation.

Car une République qui sait reconnaître ses crimes doit aussi savoir en réparer les héritages.

Pour Mémoires & Partages

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