La Rainbow PUSH Coalition, organisation américaine créée par Jesse Jackson, a annoncé ce mardi 17 février le décès de l’icone des droits civiques à 84 ans.
Compagnon de Martin Luther King, la vie de Jesse Jackson a été marquée par le mouvement des droits civiques.
Né le 8 octobre 1941 en Caroline du Sud, Jackson a grandi sous le système de ségrégation raciale qui a défini la vie dans le Sud des États-Unis à l’époque Jim Crow, Jesse Jackson s’est engagé politiquement alors qu’il était encore étudiant.
Au milieu des années 1960, Jackson rejoint la Southern Christian Leadership Conference (SCLC) du Dr Martin Luther King Jr où il gravit les échelons au sein de l’organisation et fut aux cotés de Martin Luther King le jour de son assassinat le 4 avril 1968 à Memphis. La mort de King marqua un tournant dans le mouvement, et Jackson deviendra l’un des leaders les plus visibles de la génération suivante.
La création d’institutions multiraciales et multiconfessionnelles pour le changement politique était essentielle pour Jesse Jackson convaincu qu’il fallait traduire les exigences morales de l’ère des droits civiques en une influence politique et économique durable. Les campagnes d’inscription des électeurs et les campagnes pour la représentation des minorités sont devenues centrales dans son travail.
A deux reprises, en 1984 et 1988, il tenta en vain d’obtenir l’investiture du Parti démocrate à la présidence des États-Unis. Bien qu’il n’ait pas obtenu l’investiture, ses campagnes ont élargi la représentation des minorités au sein du Parti démocrate et démontré la viabilité des coalitions politiques multiraciales au niveau national. De nombreux historiens politiques ont attribué aux campagnes de Jackson la redéfinition des règles internes du parti et l’élargissement de la participation, en particulier parmi les électeurs noirs et ouvriers.
Au-delà de la politique intérieure, Jackson était actif à l’international. Au fil des décennies, il a mené des missions diplomatiques, plaidé pour la libération des otages et s’est opposé à l’apartheid en Afrique du Sud.
Pour Karfa Diallo, fondateur-directeur du réseau Mémoires & Partages, « Rencontrer Jesse Jackson au Sénégal, terre de mémoire et de départ forcé pour des millions d’Africains réduits en esclavage, avait une portée symbolique immense. Son combat aux États-Unis pour les droits civiques s’inscrit dans la continuité de notre travail de mémoire ici, notamment autour de la reconnaissance de la traite négrière comme crime contre l’humanité. »
En 2010, suite à notre campagne africaine pour la déclaration de la traite des noirs et de l’esclavage crimes contre l’humanité, le Sénégal avait voté la première loi et réuni de nombreux intellectuels et activistes lors du 50e anniversaire de l’indépendance du pays. En présence de plusieurs chefs d’Etats Africains et de Jesse Jackson, Karfa Diallo était intervenu lors du colloque de La Renaissance Africaine.
Pour lui, « les enseignements les plus essentiels de Jesse Jackson étaient son lien direct entre les luttes des Afro-descendants en Amérique et les initiatives mémorielles en Afrique et la transmission aux jeunes générations, thème cher à Jesse Jackson, en rappelant que la mémoire n’est pas seulement un devoir historique, mais un levier pour l’égalité et la justice aujourd’hui. C’est une figure essentielle qui est restée déterminante car il a permis de relier les combats de Martin Luther King aux débats contemporains sur la reconnaissance et l’égalité. Pour beaucoup, sa vie était un exemple de l’évolution de la lutte pour l’égalité — des marches de protestation aux urnes, des batailles de ségrégation aux primaires présidentielles.»


