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A CONAKRY : LES PARENTS D’ALHOUSSEIN CAMARA TUÉ PAR LA POLICE A ANGOULÊME DISENT LEUR PEINE A KARFA DIALLO (VIDÉO)

En mission à Conakry, du 4 au 11 mars 2024, Karfa Diallo est allé présenter ses condoléances à la famille d’Alhoussein Camara, le jeune migrant guinéen tué par la police française le 14 juin 2023 à Angoulême.

Accueilli à Sonfonia, dans la cour de la maison familiale, par les parents et les trois autres grands frêres du jeune migrant, Karfa Diallo a pu recueillir la parole de la mère et du père d’Alhoussein, Monsieur et Madame Camara.

Ils disent leur grande peine, encore perceptible, leur reconnaissance à l’endroit des autorités guinéennes, leur gratitude envers tous ceux qui les ont soutenus, leur confiance à l’avocat Arié Alimi chargé de les défendre mais aussi leur espérance que la justice française saura dire la vérité sur les circonstances exactes de la mort de leur fils et condamner les auteurs de cet acte inqualifiable.

Pour Karfa Diallo, cette visite était nécessaire :

« Je ne pouvais séjourner à Conakry, huit mois après la mort violente de Alhoussein Camara, sans un prolongement physique de l’engagement moral que j’ai pris vis à vis de cette famille depuis le mois de juin 2023. La dignité de cette famille m’a impressionné. La peine encore perceptible de la perte de leur plus jeune fils, le désarroi des trois autres grands frères définitivement esseulés, les larmes retenues de la mère incapable de dire un mot, la détermination de voir la justice rendue…Il se dégageait de cette cour, où seul un coq élevait la voix, un sentiment de paix, une sérénité et un calme exceptionnels. Et la voix du père, fluette mais résolu, égrenant les qualités de ce fils résolu à immigrer par tous les moyens dont la dernière conversation avec sa mère était jalonnée de la promesse de revenir prochainement la voir, après six ans, et de lui acheter une voiture. Les sourires du père à l’évocation des qualités de footballeur qu’il avait transmis à Alhoussein Camara, et à l’autre de ses fils qui lui immigré depuis sept ans au Sénégal y joue dans un club, le silence résigné de la mère qui voulait aussi témoigner par sa présence, il flottait dans l’air chaud de Sonfonia, ce dimanche-là, une sorte de familiarité avec la tragédie, une acceptation du sort tout autant qu’une conviction inébranlable que la justice triompherait. Je pensais venir consoler une famille. En vérité, j’ai quitté douloureusement et avec regret la paix de ce foyer… »

Les parents n’ayant eu que des garçons, Alhoussein était le plus jeune fils. Aujourd’hui ne restent plus en Guinée que deux garçons, le troisième tentant sa chance au Sénégal dans un club de foot.

Une semaine après avoir appris la tragédie, Karfa Diallo, guidé par un compagnon guinéen de Alhoussein Camara et accompagné de Patrick Serres, président de Mémoires & Partages, s’était rendu sur les lieux du crime pour exprimer sa solidarité et exiger justice.

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