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PROCÈS DE « LA NÉGRESSE » – LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF DELIBÉRE LE 22 DÉCEMBRE

Hier matin, le tribunal administratif de Pau a examiné notre requête concernant le changement nom d’un quartier de la ville de Biarritz: la Négresse.

Alors que nous apportons un discours pédagogique, moderne et modéré pour une vision décoloniale en faveur d’une société éclairée face aux heures sombres de notre histoire, une société qui relie plutôt que stigmatise, nous avons assisté à un moment hors du temps.

Me Pierre Cambot, l’avocat de la ville de Biarritz, a osé plaider que « On ne sait pas si elle était noire ou très brune » en demandant le rejet de la requête tout en soulignant « un glissement sémantique qui ne permet pas de recontextualiser l’histoire » et pour finir par un argument irréel et dont personne n’est dupe « Il n’a jamais été question d’humilier, mais plutôt de rendre hommage à cette femme qui a donné son nom à un quartier identitaire de Biarritz ».

Notre avocat William Bourdon, quant à lui a souligné l’importance du débat, qualifiant le terme de « péjoratif, racialisé et colonialiste ». Pour l’avocat, l’affaire pourrait poursuivre son périple jusqu’au Conseil d’État, juridiction administrative suprême. « C’est un peu implicite dans ce que nous avons entendu »

Selon la rapporteure publique, Virginie Dumez-Fauchille,  « La dénomination, choisie en 1861, alors que l’esclavage était aboli, répondait à une volonté de mémoire locale, exempte de tout racisme, explique Virginie Dumez-Fauchille. Le terme est péjoratif et peut inciter le Conseil municipal à une modification de son propre chef, mais son seul maintien ne peut être retenu comme une atteinte à la dignité humaine.« 

Pour Karfa Diallo, à la tête de la délégation présente à l’audience, « Quelque soit le délibéré, c’est un long périple pédagogique et judiciaire qui nous attend. Nous n’écartons, bien sur pas la possibilité d’aller au Conseil d’Etat mais quoi qu’il en soit il faudra accompagner la décision par une pédagogie qui explique, qui démine et qui réconcilie pour défaire le discours dominant qui voudrait nous diviser et nous dresser les uns contre les autres »

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