Le réseau Mémoires & Partages informe que, sur sa demande, Me François Pinatel, avocat au Conseil d’État ayant repris le dossier après Me William Bourdon, a adressé ce lundi 27 juillet 2026 une lettre de mise en demeure au maire de Biarritz.
Pour mémoire, par un arrêt du 6 février 2025, la Cour administrative d’appel de Bordeaux a enjoint à la Ville de Biarritz de faire disparaître la dénomination « La Négresse », aussi bien pour la rue que pour le quartier. La Cour a rappelé le caractère raciste, insultant et dévalorisant de cette appellation, estimant qu’elle portait atteinte à la dignité de la personne humaine.
Si la commune a finalement remplacé la rue de la Négresse par la rue de l’Allégresse, elle a, en revanche, choisi de maintenir le nom du quartier de la Négresse. Par une délibération du 28 mars 2026, le nouveau conseil municipal a créé huit quartiers, dont l’un conserve cette appellation pourtant condamnée par la justice.
Pour Me François Pinatel, cette nouvelle délibération est entachée de la même illégalité que celle annulée par la Cour administrative d’appel. Elle constitue également une inexécution d’une décision de justice, les arrêts des cours administratives d’appel étant exécutoires, même lorsqu’ils font l’objet d’un recours.
À défaut d’un retrait de cette délibération dans un délai raisonnable de deux mois, Mémoires & Partages engagera l’ensemble des recours contentieux utiles afin de faire respecter la décision de justice.
Cette nouvelle étape judiciaire intervient alors même que Mémoires & Partages a toujours privilégié la voie du dialogue. Avant même la décision de la Cour, l’association s’était déclarée favorable à une médiation permettant de sortir par le haut de ce contentieux. Cette proposition avait été rejetée par l’ancienne maire de Biarritz.
Karfa Diallo déclare :
« Depuis le début de cette affaire, nous avons toujours privilégié le dialogue à l’affrontement. Nous avons proposé une médiation. Nous avons tendu la main à la nouvelle équipe municipale de Serge Blanco en l’appelant à renoncer au pourvoi devant le Conseil d’État, par respect pour la justice, pour la mémoire et pour les finances publiques. Aujourd’hui encore, notre démarche n’est dirigée contre personne. Elle vise simplement à faire respecter une décision de justice et à faire disparaître d’un espace public une appellation que la justice elle-même a reconnue comme portant atteinte à la dignité humaine. Une démocratie ne peut choisir les décisions de justice qu’elle accepte d’appliquer. »
Mémoires & Partages demeure disponible pour toute démarche de dialogue permettant une exécution sereine de la décision de justice. Mais le dialogue ne peut se substituer au respect du droit. Il appartient désormais à la Ville de Biarritz, sous deux moi de mettre ses actes en conformité avec la décision de la Cour administrative d’appel et de tourner définitivement la page d’une dénomination incompatible avec les valeurs de la République.


