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REFUS DU LEGS D’OBJETS D’ART AFRICAIN PAR LA VILLE DE BORDEAUX : UNE DECISION QUI CONFIRME L’IMPORTANCE DU TRAVAIL MEMORIEL ET RELANCE LA QUESTION DES RESTITUTIONS

L’association Mémoires & Partages prend acte de la décision de la Ville de Bordeaux de ne pas accepter le legs d’une importante collection d’objets d’art africain proposé par un collectionneur bordelais.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE, 3 JUIN 2026

Pour Karfa Diallo, fondateur de Mémoires & Partages,

« Après le Musée des Arts décoratifs et du Design ainsi que le CAPC, qui ont récemment installé des dispositifs explicatifs rappelant les liens historiques de leurs bâtiments et de leurs collections avec l’économie de l’esclavage colonial, la décision de la Ville de Bordeaux de refuser ce legs d’objets d’art africain s’inscrit dans une évolution plus large des politiques culturelles et mémorielles locales. Cette décision témoigne d’une prise de conscience croissante des enjeux éthiques liés à l’origine des collections, à la circulation des biens culturels dans le contexte colonial et à la nécessité d’interroger les conditions dans lesquelles certains patrimoines ont été constitués. Elle constitue également un signal fort de l’influence du travail de sensibilisation, de recherche et de plaidoyer mené depuis de nombreuses années par les acteurs de la mémoire, et notamment par Mémoires & Partages, en faveur d’une lecture plus lucide et plus responsable de l’histoire coloniale de Bordeaux.»

Depuis sa création, notre association œuvre pour une meilleure connaissance de l’histoire de la traite négrière, de l’esclavage et de la colonisation, ainsi que de leurs héritages contemporains. Ce travail de sensibilisation, de recherche, de dialogue et d’interpellation des institutions a contribué à faire émerger dans le débat public la question fondamentale de l’origine des collections constituées dans le contexte de l’expansion coloniale européenne.

Le refus de ce legs ne saurait cependant constituer une fin en soi. Il doit au contraire ouvrir une réflexion plus large sur les nombreuses œuvres, objets et biens culturels acquis dans des conditions contestables durant la période coloniale et qui demeurent aujourd’hui conservés dans les collections publiques bordelaises.

Mémoires & Partages rappelle que la question de la restitution ne concerne pas uniquement les nouvelles acquisitions ou les legs contemporains. Elle interroge également les collections déjà présentes dans les musées et institutions culturelles. De nombreux objets issus du continent africain ont été collectés dans des contextes marqués par la domination coloniale, les expéditions militaires, les spoliations ou des rapports de force profondément inégalitaires.

Dans ce contexte, nous appelons la Ville de Bordeaux à poursuivre et à renforcer le travail de recherche de provenance des collections conservées dans ses établissements culturels. Nous espérons également une accélération des démarches de coopération avec les pays et communautés d’origine afin d’identifier les biens susceptibles de faire l’objet de restitutions, conformément aux principes de justice historique, de transparence et de dialogue international.

La reconnaissance des héritages coloniaux ne peut se limiter à des déclarations de principe. Elle suppose des actes concrets, fondés sur la connaissance historique et sur la volonté de construire des relations culturelles renouvelées avec les sociétés concernées.

Mémoires & Partages restera pleinement mobilisée pour accompagner ce débat essentiel et contribuer à faire de Bordeaux une ville exemplaire dans la prise en compte de son histoire et de ses responsabilités mémorielles.

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